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Quand la douleur modifie le cerveau

Selon les des dernières découvertes en neurologie, les nourrissons qui ont passé le début de leur vie en service de soins intensifs néonataux présentent à l’adolescence une altération de la perception douloureuse. Ces résultats impliquent une modification des protocoles de prise en charge des jeunes enfants qui, malgré certains progrès importants ces dernières années, restent encore insatisfaisants en matière de prévention de la douleur.

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’université de Géorgie et publiée dans le journal Frontiers in Behavioral Neuroscience jette un éclairage sur la manière dont les mécanismes de la douleur sont modifiés après une blessure infantile dans une région du cerveau impliquée dans la perception de la douleur.

Dans cette zone, la substance grise péri-aqueducale, les neurones secrètent des substances antidouleur endogènes. Les scientifiques ont découvert que des rats qui ont été blessés à la naissance avaient des niveaux d'opioïdes endogènes deux fois plus élevés que la normale. Ils sont donc moins sensibles à la douleur

Mais cette réduction de la sensibilité à la douleur n’est pas forcément un avantage. En effet, la douleur constitue un signal d’alerte important pour l’organisme qui peut par ce biais alerter d’un problème organique potentiel. Les personnes atteintes d’insensibilité congénitale à la douleur (une maladie rare dans laquelle le patient ne ressent absolument aucune douleur) ont d’ailleurs une espérance de vie réduite. 

D’autre part alors qu’il y a une augmentation des endorphines chez les rats adultes, il ya aussi une très forte diminution de la disponibilité des récepteurs opioïdes. Ces récepteurs sont nécessaires pour que les analgésiques comme la morphine, soient efficaces. Cela signifie qu'il faut plus de médicaments antidouleur afin de procurer un soulagement car il ya moins de récepteurs disponibles dans le cerveau. 

Des études chez l'homme font état du même phénomène. Ainsi, le nombre de procédures invasives pratiquées sur un nourrisson en soins intensifs est négativement corrélé avec la façon dont l'enfant est sensible à la morphine plus tard dans la vie. Plus il a connu d’examens ou de soins douloureux et moins il sera réceptif à la morphine. 

D’autres aspects entrent également en jeu dans la prise en charge de la douleur du jeune enfant. Les chercheurs de l’université de Géorgie tentent maintenant d’évaluer l’impact de la douleur sur le stress ou l’apprentissage à long terme.

Date de la dépêche : 30 septembre 2009

Auteur : J.I.

Source : Sciences-et-Avenir.com

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