Maladies professionnelles : les TMS explosent en France
Le journal observe en effet que « les troubles
musculo-squelettiques, un ensemble de pathologies qui sont déjà la
première cause de maladies professionnelles dans l'Hexagone, vont
continuer à progresser », selon un rapport sur « les maladies chroniques dans la sphère du travail », réalisé par l’Institut d'études européen Work Foundation.
Le Figaro rappelle que
« favorisées par des mouvements répétitifs et un travail en position
statique, ces affections affectent surtout les muscles, les tendons et
les nerfs ».
Le quotidien ajoute que « l'enquête s'est penchée aussi sur
les liens complexes entre les maladies rhumatismales chroniques comme
la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante et la vie
professionnelle ».
Le journal relève que « les chiffres sont édifiants. En
Europe, plus de 40 millions de travailleurs souffrent de TMS
attribuables à leur travail. Selon la Commission européenne, ces
maladies représentent la moitié de tous les arrêts de travail d'au
moins trois jours, et 60% des invalidités de travail permanentes ».
« Par ailleurs, près de 3 millions d'Européens sont atteints de
polyarthrite rhumatoïde, dont 40% «s'arrêtent complètement de
travailler dans les 5 ans suivant le diagnostic» », poursuit Le Figaro.
Le quotidien remarque de plus qu’«
en France, plus d'un travailleur sur cinq (22%) se plaint de lombalgies
liées à ses conditions de travail. Et la proportion est sensiblement
identique pour les douleurs musculaires au niveau de la nuque, des
épaules et des membres supérieurs ».
Le Figaro observe que « le maintien au travail des salariés
avec une pathologie chronique comme les TMS passe par un vrai
changement des mentalités ». Le Pr Bruno Fautrel, rhumatologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, déclare à ce sujet : «
Les médecins du travail et les cliniciens envisagent les limitations
dues à la maladie (invalidité, mise en retraite anticipée…, NDLR) alors
qu'il faudrait se recentrer sur les capacités de la personne ».
Et du côté des entreprises, le Pr Yves Roquelaure, du Laboratoire
d'ergonomie et d'épidémiologie en santé au travail, à Angers, remarque
qu’« il y a eu une prise de conscience et beaucoup d'initiatives
ces dernières années. Mais la crise est passée par là, et une bonne
partie des actions de prévention sont passées à la trappe ».