Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer
Le journaliste rappelle qu’Agrican, lancée en 2005, « est une grande
étude effectuée auprès des affiliés de la Mutuelle sociale agricole.
Elle comprend un versant épidémiologique, appuyé sur un questionnaire,
et un versant biologique, avec des prélèvements sanguins ».
« En 2008, Bertrand Nadel et Sandrine Rouland avaient présenté des
travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les
agriculteurs. Avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer,
ils ont poursuivi leurs recherches et obtenu de nouveaux résultats,
publiés, en juin 2009, dans le Journal of Experimental Medicine »,
note ainsi Paul Benkimoun.
Le journaliste relève que « leur idée était de trouver des
biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides
ne développent pas un lymphome. Les chercheurs ont détecté dans les
prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants des cellules
qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs
des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire ».
Bertrand Nadel explique : « Nous avons mis en évidence des
biomarqueurs qui témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des
agriculteurs aux pesticides, l'anomalie génétique et la prolifération
de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet est
fonction de la dose et du temps d'exposition ».
Le chercheur précise toutefois qu’« il s'agit là d'une
condition nécessaire au développement d'un lymphome folliculaire, mais
elle n'est pas suffisante. Il existe d'autres anomalies comme une
instabilité générale du génome ».
Paul Benkimoun ajoute que les chercheurs, « qui espèrent
aboutir à terme à un outil de diagnostic précoce, vont désormais étudier
une population de personnes ayant développé le même type de lymphome
afin de documenter la présence de ces biomarqueurs ».