La puberté perturbée par des polluants
Le magazine se penche ainsi sur les travaux d’un groupement de
laboratoires publics, le BCERC (Breast Cancer and Environment
Research Centers), parus dans Environmental Health Perspectives
: « L'équipe de Mary Wolff, de l'École de médecine du Mont
Sinai, à New York, a analysé l'association entre l'âge de la puberté et
trois types de substances chimiques : les phénols, qui agissent comme
les estrogènes, ainsi que les phytoestrogènes et les phtalates, qui ont
chez l'animal des effets proches des estrogènes ou des effets inverses,
selon leur concentration et l'âge d'exposition ».
Pour la Science indique que « les chercheurs ont mesuré, dans
les urines de 1 151 filles âgées de 7 à 9 ans, les concentrations de
phénols, de phytoestrogènes et de métabolites issus de la transformation
de phtalates par l'organisme. Ils ont évalué un an plus tard si la
puberté avait débuté en examinant les seins et la croissance des poils
pubiens de ces enfants ».
Le mensuel note que l’équipe « a observé un développement des
seins et des poils pubiens chez respectivement 30 et 22% des jeunes
filles. Des concentrations élevées de métabolites de phtalates (de
faible masse molaire) présents dans les produits cosmétiques étaient
associées à une puberté avancée ».
« Inversement, deux phytoestrogènes provenant de l'alimentation étaient
associées à un retard du développement des seins. Or ces substances sont
omniprésentes », poursuit Pour la Science.
Le magazine relève qu’« étant donné que leurs concentrations sont
élevées dans presque tous les échantillons d'urine analysés, Mary Wolff
estime qu'une partie importante de la population est exposée à un risque
dont on mesure encore mal les effets sur la santé ».
Date de la dépêche : 21 avril 2010
Auteur : Laurent Frichet - TSAVO PRESSE
Source : Pour la Science, avril 2010