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La salive ouvre de nouvelles pistes pour soigner le diabète

Le Figaro fait savoir qu’« une étude met en évidence [dans le Journal of Nutrition] le rôle d'une enzyme de la salive dans la régulation du taux de glucose dans le sang, […] via l'insuline. Une découverte qui pourrait fournir des clés dans le traitement du diabète ».

Le journal explique ainsi que les chercheurs de l'institut Monell à Philadelphie (Etats-Unis) « ont étudié la réaction de deux groupes d'adultes en bonne santé, ayant respectivement un fort et un faible taux d'amylase dans la salive, à l'ingestion d'une solution d'amidon ».
« Les chercheurs ont observé chez les patients richement dotés en amylase une glycémie plus stable et plus basse que chez les autres, dans les 2 heures suivant la prise d'amidon »,
 note le quotidien.
Le Pr Michel Krempf, diabétologue à Nantes, remarque que « ce résultat peut surprendre, car l'amylase était connue jusque-là pour casser la chaîne d'amidon, afin de faciliter le passage de ces maillons de glucose dans le sang. Pourtant, l'étude montre que durant les 9 premières minutes suivant l'ingestion de l'amidon, le groupe riche en amylase produit sensiblement plus d'insuline que le second ».
Le praticien ajoute que « ces résultats vont dans le sens d'un lien entre la production d'insuline au niveau du pancréas et le contact entre l'amidon et l'amylase au niveau de la bouche, dont le mécanisme reste à élucider ».
Le Figaro précise que « ce rétrocontrôle de l'amylase sur l'insuline n'est constaté que chez les individus ayant beaucoup d'amylase. Le taux de l'enzyme varie sensiblement d'une personne à l'autre, en fonction de facteurs génétiques ». Le principal auteur de l'étude Abigail Mandel remarque ainsi que «deux individus peuvent avoir des réponses glycémiques très différentes à une même ingestion d'amidon. Les personnes ayant un fort taux d'amylase sont plus aptes à manger de l'amidon ».
« A l'inverse, un régime riche en féculents et céréales ferait courir aux perdants de cette loterie génétique un risque plus grand de développer une résistance à l'insuline, conduisant à l'augmentation de la glycémie, qui au-delà de 1,1 gramme est le signe sans appel d'un diabète », 
poursuit le quotidien. 
Léopold Tchiakpe, professeur de nutrition à Marseille, précise pour sa part que « ces résultats sont intéressants, mais l'extrapolation de cette étude théorique à la pathologie diabétique semble prématurée. De plus amples investigations, notamment du côté de patients pré-diabétiques et diabétiques, seront sans doute nécessaires pour confirmer ces travaux ».

Date de la dépêche : 12 avril 2012

Auteur : Laurent Frichet

Source : Le Figaro

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