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Découverte du gène responsable de la résistance à l'insuline

Une équipe internationale de chercheurs a réalisé une percée qui a permis de découvrir un nouveau gène susceptible de mener à l'amélioration du traitement du diabète de type 2 ainsi qu'à une meilleure compréhension de la manière dont se développe cette maladie répandue.

Les deux types de diabète

Le diabète de type 2, ou diabète sucré, est une pathologie qui se caractérise par une résistance à l'insuline de l'organisme et une hyperinsulinémie réactionnelle. L'insuline, une hormone produite dans le pancréas, permet aux cellules de l'organisme d'absorber le glucose des aliments et de le transformer en énergie. Différents types de diabètes sont causés par l'incapacité du corps à produire suffisamment d'insuline, par l'incapacité d'utiliser sa propre insuline correctement, ou par une combinaison des deux facteurs.

Le diabète de type 2 survient classiquement chez l'adulte de plus de 40 ans présentant, dans 60 % des cas, une obésité ou du moins une surcharge pondérale. Il y a également un puissant facteur génétique dans l'étiologie de cette maladie : avoir des membres de la famille (en particulier au premier degré) atteints de diabète de type 2 constitue un facteur de risque important pour en développer un également.

Au centre de cette composante génétique se trouve sans doute un gène, appelé substrat du récepteur d'insuline 1 (SRI1), découvert par une équipe internationale de chercheurs dont le travail a été publié le 6 septembre dans Nature Genetics.

Contrairement à la plupart des gènes identifiés comme causant le diabète, SRI1 n'influence pas la manière dont l'insuline est produite dans le pancréas, mais plutôt la façon dont l'organisme réagit à l'insuline déjà présente dans le flux sanguin. « La plupart des gènes que nous avons identifiés jusqu'à maintenant comme risquant de causer le diabète réduisent la fonction du pancréas, spécifiquement celle des cellules bêta du pancréas qui produisent de l'insuline », a expliqué le Dr Robert Sladek, du Centre d'innovation Génome Québec-Université McGill, à Montréal. « Le SRI1 influence les fonctions des autres tissus de l'organisme. Plutôt que de réduire la production d'insuline, ce gène réduit les effets insuliniques dans les muscles, le foie et le gras : un processus appelé résistance à l'insuline. »

« À l'intérieur de la cellule, c'est le SRI1 qui est activé le premier par l'insuline », a poursuivi le Dr Sladek. « Fondamentalement, il dit au reste de la cellule : ‘Hé ! L'insuline est ici ! Commencez à recueillir le glucose du sang ! Si le SRI1 ne travaille pas, le processus entier est interrompu. » L’identification de SRI1 a été rendue possible grâce à l’étude du matériel génétique recueilli auprès de plus de 6 000 participants français.

Grâce à cette étude, les chercheurs ont non seulement identifié ce nouveau gène lié au diabète, mais ils ont découvert le déclencheur génétique, qui entraîne son mauvais fonctionnement dans un endroit complètement inattendu.

« Il s'agit d'un polymorphisme nucléotidique (SNP, prononcé snip), une modification d'une simple lettre de l'ADN », a déclaré le Dr Sladek. « Ce qui est intéressant, à propos de ce SNP particulier, est qu'il n'est génétiquement lié en aucune façon au gène SRI1 ; il se trouve environ un demi-million de paires de bases plus loin, au milieu d'un désert génétique, sans aucun gène connu à proximité. Et malgré cela, nous pouvons constater qu'il entraîne une réduction de 40 pour cent de l’activité de SRI1. Cela signifie que même si l'insuline est présente, elle n'agira pas. »

Date de la dépêche : 24 septembre 2009

Source : www.nouvelobs.com

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