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Savoir se contenter de ce que l'on a : c'est être riche.

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Chansons et maladie d’Alzheimer

Toutes les recherches concernant l'existence de régions cérébrales associées spécifiquement à la perception et à la mémoire musicales ont conclu que même chez les sujets non musiciens, musique et langage seraient séparés anatomiquement dans le cerveau (Platel, 2004).

Le langage s’organise dans l'hémisphère gauche tandis que la musique est distribuée dans les deux hémisphères. Concernant la reconnaissance des mélodies, les résultats varient en fonction de la présence ou non de paroles. Certains réseaux neuronaux seraient donc exclusivement dédiés au traitement de la musique. De plus, la musique possède des similitudes de construction avec le langage que ce soit sur un plan temporel (cadence, séquence, segmentation), spectral (timbre, hauteur, modulation) ou grammatical (règles harmoniques, syntaxe). Enfin, la musique entretient des rapports particuliers avec l’émotion.

Depuis longtemps, on a observé que les patients Alzheimer conservent « des souvenirs musicaux » et surtout mobilisent des souvenirs, dans certaines activités musicales. On sait aussi combien la musique calme et apaise ces sujets (comme tout un chacun, d’ailleurs). La musicothérapie est identifiée comme une technique de soin, privilégiée, même si les travaux scientifiques sont encore rares dans la littérature. La musicothérapie est selon les écoles et les méthodes (ce qui ne facilite pas son expertise) une forme de psychothérapie ou de rééducation qui utilise le son et la musique sous toutes ses formes, comme moyen de communication, d'expression, de structuration, et d'analyse de la relation ».
Evidemment comme toutes les thérapies, elle ne s’improvise pas et s’enseigne. Chanter avec les malades ne suffit pas pour parler de musicothérapie ! A l’inverse, l’objectif n’est probablement pas de former tous les soignants à la musicothérapie mais seulement de les former au fait que la musique peut être une aide dans le soin, comme on a pu les former à des techniques de communication : parler doucement, à une certaine distance du sujet, avec des phrases courtes, « ici et maintenant ».

Dans la maladie d’Alzheimer, les travaux (le plus souvent dans des groupes de sujets) concernent majoritairement les chansons (couplet/refrain) que la musique. Leur souvenir semble « relativement préservé » au sein des savoirs et surtout semble pouvoir éveiller des souvenirs personnels. Il a été rapporté ainsi en 2005, le cas EN où une patiente MA de 84 ans (avec un MMS à 8) était capable comme des témoins de son âge de détecter des fausses notes dans une mélodie et de chanter sur une mélodie « l’air » et parfois même « les paroles » !
Du point de vue comportemental, il a été souvent rapporté que la musique « adoucissant » les mœurs, les sujets étaient moins agités dans une ambiance musicale et amélioraient leurs performances motrices. De façon expérimentale, et en situation d’examen neuropsychologique, une étude a montré en 2001 que le rappel de souvenirs autobiographiques sémantiques étaient améliorés avec un fond sonore musical (familier ou non !) versus une condition silencieuse et une condition bruyante (bruits de cafétéria) et une autre l’a confirmé en 2006 avec de meilleures performances dans l’interview de Kopelman en entendant "Les 4 saisons" de Vivaldi versus le silence dans la pièce ! Actuellement plusieurs travaux ont confirmé la meilleure restitution de souvenirs personnels épisodiques et sémantiques associée à l’écoute de chansons avec un gradient temporel : les souvenirs épisodiques anciens bénéficiant davantage de cet indiçage.

Ces travaux doivent se poursuivre. Ils permettront de développer des thérapies alternatives pour la maladie. Ils nous renseignement sur la mémoire musicale. Et dans l’immédiat, ils rappellent que la mémoire est un vaste réseau d’associations (et non un ensemble de systèmes bien individualisés dans des boites) et que le « rafraîchissement » de traces mnésiques sinon stables, relativement préservées peut probablement contribuer à réactiver des réseaux neuronaux, trop souvent considérés comme « dégénérés » alors qu’ils sont d’abord longtemps « désorganisés ».
Ce type de travaux doit être connu des sujets et des familles car ils peuvent participer à changer l’image de la maladie (une perte pas un naufrage).
Et qui sait, un jour nous réaliserons le MMS en chantant !

Date de la dépêche : 12 octobre 2009

Auteur : Catherine Thomas-Antérion

Source : Neuroscoop.net

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