Ces faux médicaments qui guérissent vraiment
Le mensuel américain remarque que « le fait que de faux médicaments
puissent contribuer à une amélioration notable de l’état de santé de
certains patients a toujours embarrassé les pharmacologues. Entre 2001
et 2006, le nombre de médicaments candidats à ne pas passer la phase II
des essais cliniques a augmenté de 20%. Le taux d’échec en phase III a
également crû de 11%, essentiellement à cause de résultats
particulièrement décevants par rapport à des placebos ».
Wired ajoute que « certains traitements commercialisés depuis
des dizaines d’années sont aussi remis en question. […] Si ces
traitements étaient à nouveau testés aujourd’hui, ils ne seraient pas
tous autorisés par la FDA. Deux analyses détaillées portant sur les
essais cliniques d’antidépresseurs ont révélé une hausse significative
de l’effet placebo depuis les années 1980 ».
Le magazine aborde notamment les travaux de Fabrizio Benedetti
(université de Turin, Italie) : « Après 15 ans de travail, le
chercheur est parvenu à dresser la cartographie d’un grand nombre de
réactions biochimiques impliquées dans l’effet placebo, dévoilant ainsi
de nombreux mécanismes possibles d’autoguérison ».
Wired relève par ailleurs que « les études actuelles sur
l’effet placebo ouvrent la voie à de nouvelles formes de traitements
hybrides utilisant ce mécanisme pour renforcer l’efficacité de certains
médicaments ».
Date de la dépêche : 20 avril 2010
Auteur : Laurent Frichet TSAVO PRESSE
Source : Courrier International, numéro 1015