Même une activité physique minime fait un bien fou à la santé
Tout le monde sait maintenant que l’activité physique permet
d’activer tous les mécanismes naturels de défense contre les maladies :
que ce soit les infections ou les maladies cardiaques ou le cancer (ou
le diabète, l’hypertension, le stress, la dépression etc.)
Mais
la plupart des gens continuent de se sentir intimidé par l’idée de « se
mettre au sport ». Beaucoup se disent que le sport, ce n’est pas pour
eux.
Ce mois ci, le Dr Jeremy N. Morris est mort, au bel âge de
99 ans et demi (sa fille insiste sur le fait qu’il tenait beaucoup au
"demi"…). Il a été le premier à montrer, dès 1953, que ce n’est pas
tant le « sport » qui profite formidablement à la santé, mais, tout
simplement, le niveau d’activité physique, même lorsque celle-ci fait
partie de la vie quotidienne.
Au cours de sa première étude,
il a comparé la santé des conducteurs d’autobus londoniens qui
conduisaient des bus « plats », ou bien les fameux bus rouge à étage
(les « double-deckers ») qui sont devenus un symbole de la ville de
Londres. Tous les conducteurs avaient des conditions de vie
comparables, des origines sociales comparables, des habitudes
alimentaires (et de tabac et d’alcool) comparables etc. Mais ceux qui
conduisaient des bus à étage, sans presque s’en apercevoir, montaient
600 marches par jour dans leur autobus pour vérifier les tickets… Et,
au cours d’une période d’observation de 5 ans, ils avaient fait moitié
moins d’infarctus du myocarde !
Par la suite, Morris a montré le
même type de résultat chez des travailleurs postaux. Même si ils
étaient tous comparables au départ, ceux qui livraient le courrier à
pied ou en vélo plutôt que de travailler derrière un bureau à la poste
du quartier étaient eux-aussi considérablement protégés contre les
maladies cardiaques.
Cette semaine, une nouvelle étude vient
d’être publiée dans le Journal of Urology sur le cancer de la prostate.
Les chercheurs et cancérologues de l’université de Duke confirment
à nouveau qu’une quantité modérée d’activité physique peut réduire le
risque d’avoir un cancer de la prostate agressif de plus de 85% ! Il
s’agissait d’activités se situant entre une heure de marche à un pas
normal par semaine (vraiment un minimum !) à 60 minutes de jogging
réparties sur la semaine (ou avoir passé un total de une heure sur
toute la semaine à monter des marches). On aurait donc sans doute
retrouvé le même bénéfice pour la prévention du cancer de la prostate
chez les conducteurs de bus à étage Londonien si on l’avait cherché à
l’époque…
Même le ménage compte ! Dans une étude sur des femmes
de ménage travaillant dans des hôtels de Boston, les chercheurs ont pu
montrer que le fait même de se rendre compte qu’elles faisaient de
l’activité physique lorsqu’elles nettoyaient des baignoires ou
changeaient des lits améliorait notablement leur santé au bout de
quelques mois (perte de poids, réduction de la masse graisseuse et de
la tension artérielle).
Et si nous devenions tous des
conducteurs de bus Londonien ? Nous pouvons tous trouver une façon de
monter quelques marches un peu tous les jours, ou marcher un peu plus
pour aller travailler (ou aller retrouver des amies), ou prendre son
vélo pour aller faire les courses. Et c’est déjà un pas important vers
une bien meilleure santé !