Les probiotiques apportent des bonnes bactéries
Entretien avec le Dr Georges Mouton, médecin, auteur d'Ecosystème intestinal et santé optimale.
Que nous apprend le système intestinal ?
Je suis médecin généraliste. Mon objectif c’est la santé par la
prévention ou par des moyens les plus naturels possibles. Je
m’intéresse aux dérèglements intestinaux car ils ont des répercussions
sur de nombreuses pathologies. Nos intestins abritent une flore
composée de 1014 bactéries appartenant à plus de 1.000
espèces différentes. Ces bactéries vivent en équilibre les unes avec
les autres et constituent un écosystème qui interagit en permanence
avec l’organisme.
Conseillez-vous à vos patients de prendre des laits fermentés probiotiques ou des yaourts ?
En général, j’évite car de nombreuses personnes ont des problèmes
d’intolérance au lactose ou d’allergies aux protéines du lait. Je
trouve dommage d’associer le bénéfice des probiotiques à un produit qui
peut poser des problèmes. C’est d’autant moins judicieux que les
probiotiques peuvent être prescrits à tout le monde, il n’y a pas de
contre-indication. En plus, ces produits sont souvent riches en sucres
ou en édulcorants qui nourrissent les pathogènes.
A quelles conditions les prescrivez-vous ?
Lorsque le patient n’a pas de problème d’intolérance ou d’allergie et si le lait fermenté ne contient ni sucre, ni édulcorant.
Les probiotiques peuvent-ils moduler le système immunitaire ?
Oui car la muqueuse intestinale abrite le GALT, un tissu lymphoïde
qui regroupe 2/3 des cellules immunitaires de l’organisme. Ce système
immunitaire est en constante communication avec les bactéries de la
flore.
Comment les probiotiques exercent-ils leurs effets sur la santé ?
On sait aujourd’hui que le syndrome dit de l’intestin poreux est à
l’origine de nombreuses maladies auto-immunes et d’allergies. Les
probiotiques, en apportant des bactéries, contribuent à corriger la
perméabilité de l’intestin. Ces bonnes bactéries peuvent aussi occuper
le terrain sur la paroi et empêcher les organismes pathogènes de s’y
fixer et de déclencher des diarrhées. Elles sont également capables de
synthétiser des bactériocines, un antibiotique naturel qui offre une
protection supplémentaire contre les pathogènes. Enfin, elles peuvent
engendrer une compétition pour la nourriture et empêcher ainsi la
colonisation de la flore par des bactéries néfastes.