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Les méfaits du chlordécone avérés chez les nourrissons

Le Figaro se penche sur le chlordécone, un insecticide « classé comme perturbateur endocrinien, neurotoxique et cancérogène possible pour l'homme. Les États-Unis l'ont interdit dès 1976. Il a pourtant été utilisé massivement jusqu'en 1993 en Guadeloupe et en Martinique pour protéger les bananiers. L'affaire a déclenché là-bas une énorme polémique au début des années 2000 quand des analyses ont montré que certaines parties des deux îles sont et seront encore polluées pendant plusieurs décennies […] et que la population peut encore ingérer du chlordécone en consommant certains aliments pollués ».

Le journal rappelle que « pour calmer la colère, le plan chlordécone lancé en 2008 par l'État a prévu un suivi sanitaire des populations exposées. […] Les premiers résultats commencent à sortir ». Le quotidien note ainsi qu’« une étude indique que l'exposition des bébés à l'insecticide dans le ventre de leur mère a des effets négatifs sur leur développement cognitif et moteur (Environmental Research) ».
Le Figaro explique que « l'étude porte sur 153 nourrissons âgés de 7 mois, garçons et filles. Du chlordécone a été détecté dans 56% des cas dans le sang de cordon ombilical et 77% dans le lait maternel ». Sylvaine Cordier (Inserm, Rennes), qui a mené ce travail avec Luc Multigner (Inserm, Pointe-à-Pitre), précise que « les doses sont très faibles, mais ce n'est pas anodin ».
Le quotidien souligne en effet que « les chercheurs ont pu noter que plus les concentrations sont élevées, plus les nourrissons ont de mauvais résultats aux tests. […] Chez les nourrissons, le chlordécone agit sur la vitesse de détection de la nouveauté et le traitement de l'information. Les méfaits sont plus marqués chez les nourrissons exposés in utero ».
Le Figaro relève que « basées sur des petits effectifs, ces observations ne traduisent pas de troubles graves ». Sylvaine Cordier note qu’« il faudra néanmoins voir comment évolue ce léger déficit, à 18 mois et, ensuite, à 7 ans. S'il persiste, ce serait beaucoup plus troublant ».
Le Monde évoque aussi cette étude qui « démontre que l’exposition in utero au pesticide retarde le développement cognitif ».
Le journal remarque entre autres que « l’exposition postnatale par le biais des aliments susceptibles d’être contaminés est associée – mais aux limites de la signification sur le plan statistique – à une réduction de la vitesse d’acquisition de la vitesse de la mémoire visuelle et de la préférence pour la nouveauté. Les scientifiques n’ont toutefois pas observé de lien entre l’exposition postnatale par le biais de l’allaitement maternelle et une anomalie du développement psychomoteur ».
Le Monde observe en outre que « cette étude fait parler d’elle dans le milieu de la recherche, où il se raconte que toute communication autour de cet article a été différée, à la demande des autorités, afin de ne pas être sous les feux de la rampe lors de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre ».

Date de la dépêche : 21 septembre 2012

Auteur : Laurent Frichet

Source : Le Figaro, Le Monde

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