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Alcoolisme : un Français sur sept sur le fil du rasoir

Le Figaro remarque que « boire par habitude plutôt que par plaisir constitue l’un des signaux d’alarme d’une consommation nocive d’alcool », et rappelle que « selon une enquête réalisée il y a une dizaine d’années, 14% des Français sont à risque d’alcoolisation excessive ».

« Boire seul ou avoir des petits incidents liés à l’alcool doit mettre la puce à l’oreille. C’est alors le bon moment pour réduire sa consommation sans forcément passer par la case abstinence, pour éviter de sombrer dans la dépendance », poursuit le journal. Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat et président de la Société française d’alcoologie, remarque ainsi que « quand il y a perte de contrôle, survenue de dommages et répétition du comportement, on est dans une forme de la maladie, même si elle est modérée ». Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à Grenoble, note que « l’image d’Épinal du grand alcoolique empêche de prendre conscience que l’on est parfois déjà dans une zone de consommation à risque. Et l’autoévaluation est parfois difficile, mais si on s’aperçoit que l’on n’arrive pas à garder le contrôle quand on boit, alors c’est que l’on a un problème ». Le Dr Philippe Batel, chef du service d’addictologie à l’hôpital Beaujon de Clichy, estime pour sa part qu’« il faut arrêter de séparer le monde entre les alcooliques, d’un côté, et ceux qui ne le sont pas, de l’autre ». Le Figaro relève ainsi que « le glissement de la consommation contrôlée à la dépendance se fait insidieusement. […] Certains s’en rendent compte le jour où ils ne peuvent pas avoir leur verre habituel. Pour d’autres, c’est quand ils essaient de s’en passer, sans y arriver, que la prise de conscience a lieu. Car il existe une zone grise entre le plaisir et la dépendance ». De son côté, Le Parisien se penche sur « le jeu qui fait boire ». Le journal indique en effet que « la société qui avait lancé le jeu Casse-toi pov’con récidive avec le politiquement incorrect Happy Hour,  qui incite ses utilisateurs à boire ». Le quotidien explique que « les participants [à ce jeu de cartes] sont sanctionnés quand ils répondent mal à une question : ils ont l’obligation de boire », ajoutant que le jeu, « déclinaison française de Ring of Fire, la version originale américaine », est « vendu en magasin aux côtés du Cluedo ou du Mille Bornes ». Le Parisien précise que « des mentions légales, stipulant que le jeu est destiné aux plus de 18 ans et qu’il n’est pas fait pour être pratiqué avec des boissons alcoolisées, figurent sur la boîte et dans les règles ». Le gérant de la société Cocktailgames, Matthieu d’Epenoux, déclare ainsi : « J’ai fait preuve de la même hypocrisie que les Américains. Disons que je prends un petit risque calculé. Tout s’est bien passé aux Etats-Unis. […] Nous faisons appel à la conscience des joueurs. Il faut jouer dans un esprit bon enfant, et savoir s’arrêter à temps ». Le journal livre la réaction de Daniel Bailly, pédopsychiatre spécialiste des addictions au CHU de Marseille, qui déclare : « Il est évident que c’est un jeu dangereux pour les enfants et les ados. Après, pour les jeunes adultes, je ne pense pas que cela change grand-chose.  […] Peut-être cela peut-il favoriser la bascule pour ceux qui n’osent pas boire mais qui en ont envie… Mais, en général, dans toutes les soirées alcoolisées, les jeunes raisonnables restent raisonnables ».

Date de la dépêche : 28 septembre 2012

Auteur : Laurent Frichet

Source : Le Figaro, Le Parisien

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