le journal de la santé naturelle et globale

inscription
à la Newsletter...

Je marche pour savoir où je vais.

Goethe

Qui craint de souffrir, souffre déjà de ce qu'il craint.

Montaigne

Béni est celui qui a trouvé sa tâche. Qu’il ne cherche pas d’autre félicité.

Thomas Carlyle

Pour aller de l’avant, il faut prendre du recul. Car prendre du recul, c’est prendre de l’élan.

Mc Solaar

Celui qui se nourrit de rêves, le vent l'emporte.

Proverbe turque

Ne néglige pas le temps pour te construire.

Proverbe chinois

Il y a trois grands mystères de la nature : l'air pour l'oiseau, l'eau pour le poisson et l'homme pour lui-même.

Proverbe hindou

Personne ne peut vous révéler plus que ce qui repose déjà dans l'aube de vos connaissances.

Khalil Gibran

J’ai toujours su que pour réussir dans le monde, il fallait avoir l’air fou et être sage.

Montesquieu

Tu connais l’utilité mais connais-tu l’utilité de l’inutile ?

Lao Tseu

Papillons cherchent fourmis-sitters

En Angleterre, les amateurs de papillons peuvent de nouveau admirer les ailes bleues de l’azuré du serpolet, qui avait disparu. Ce programme de sauvetage n’aurait pas réussi sans les fourmis…

L’équipe de Jeremy Thomas, de l’Université britannique d’Oxford, a réussi un exploit écologique. Grâce à plus de vingt ans de travail ces chercheurs ont réussi à réintroduire en Angleterre une espèce de papillon aux ailes bleues disparue depuis 1979 : l’azuré du serpolet.
Le nombre de colonies de Maculinea arion avait progressivement diminué jusqu’à ce que cette espèce très localisée s’éteigne complètement, en moins de 30 ans.
Thomas et ses collègues ont réussi à établir un lien entre la diminution forte du nombre d’œufs d’azuré constatée entre 1972 et 1977, une maladie qui avait décimée la population de lapins sauvages, et la faible exploitation des terrains par les éleveurs. Le point commun entre ces trois données: la modification du milieu herbacé. Pour un être humain cela peut paraître anecdotique, pour ce papillon cela c’est avéré dramatique.

Chenilles nourries par les fourmis
Pendant l’été, les femelles déposent leurs œufs uniquement sur des fleurs de thym sauvage. Après l’éclosion, les chenilles tombent sur le sol. Elles enclenchent alors un mécanisme de survie un peu particulier. En émettant des signaux chimiques inconnus, elles attirent des fourmis et se font passer pour leurs œufs. Rapportées à la nurserie de la fourmilière, les chenilles sont alors nourries et protégées pendant 10 mois.
Durant toute cette période, elles fournissent à leurs hôtes des sécrétions sucrées particulièrement appréciées par la colonie. Dés le début du mois de juin, elles se transforment en chrysalide juste devant l’entrée du tunnel. Deux semaines plus tard, les papillons adultes peuvent s’envoler sans difficultés. Ce système de symbiose a longtemps intéressé les chercheurs. Chacune des trois espèces de Maculinea repose sur une plante et une espèce de fourmi particulière.
Avec une herbe trop haute ou trop basse, les colonies de fourmis ne pouvaient plus survivre, expliquent les chercheurs, qui publient leurs travaux cette semaine dans la revue Science. Elles ont fuit le milieu trop froid et trop humide, abandonnant les chenilles tombées à leur sort.

Réhabiliter tout un écosystème
Pour sauvegarder l’azurée, le réintroduire les papillons ne suffit pas. Il faut restaurer le milieu humide, indispensable à la plante, et les conditions de vie des fourmis. En Angleterre, suite à cette étude, les chercheurs ont relâché des espèces animales herbivores puis, après un certain temps, des lepidoptères adultes, importés de Suède en 1983. En 2008, les papillons occupaient 30% des espaces naturels qu’ils colonisaient en 1950.
Par ailleurs, restaurer l’habitat de ce papillon et réussir sa réintégration a profité à l’ensemble de la biodiversité locale puisque d’autres espèces d’oiseaux, d’insectes et de papillons ont vu leur population augmenter.
En France, dans le marais de Lavoure, classé réserve naturelle, un protocole très précis a été établi. En identifiant les besoins de chacune des fourmis hôtes des azurés du serpolet, les responsables de la réserve ont établis des séries de fauches particulières permettant au système de retrouver son équilibre. Cet exemple de restauration d’une niche humide devrait être rapidement applicable à d’autres programmes de sauvegarde.

Date de la dépêche : 16 juin 2009

Auteur : Marie Gombeaud

Source : Sciences-et-Avenir.com

Mentions légales