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Qui a vu le présent, a vu toutes choses, celles qui sont arrivées dans le passé insondable, celles qui arriveront dans l’avenir.

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Le sage n’a aucune autre consistance que celle qui est dévolue au potier.

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Le mental vit dans un cercle vicieux. Il crée lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre.

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Nous nous rendons pitoyables ou nous nous rendons forts. La quantité de travail à fournir est la même.

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Papillons cherchent fourmis-sitters

En Angleterre, les amateurs de papillons peuvent de nouveau admirer les ailes bleues de l’azuré du serpolet, qui avait disparu. Ce programme de sauvetage n’aurait pas réussi sans les fourmis…

L’équipe de Jeremy Thomas, de l’Université britannique d’Oxford, a réussi un exploit écologique. Grâce à plus de vingt ans de travail ces chercheurs ont réussi à réintroduire en Angleterre une espèce de papillon aux ailes bleues disparue depuis 1979 : l’azuré du serpolet.
Le nombre de colonies de Maculinea arion avait progressivement diminué jusqu’à ce que cette espèce très localisée s’éteigne complètement, en moins de 30 ans.
Thomas et ses collègues ont réussi à établir un lien entre la diminution forte du nombre d’œufs d’azuré constatée entre 1972 et 1977, une maladie qui avait décimée la population de lapins sauvages, et la faible exploitation des terrains par les éleveurs. Le point commun entre ces trois données: la modification du milieu herbacé. Pour un être humain cela peut paraître anecdotique, pour ce papillon cela c’est avéré dramatique.

Chenilles nourries par les fourmis
Pendant l’été, les femelles déposent leurs œufs uniquement sur des fleurs de thym sauvage. Après l’éclosion, les chenilles tombent sur le sol. Elles enclenchent alors un mécanisme de survie un peu particulier. En émettant des signaux chimiques inconnus, elles attirent des fourmis et se font passer pour leurs œufs. Rapportées à la nurserie de la fourmilière, les chenilles sont alors nourries et protégées pendant 10 mois.
Durant toute cette période, elles fournissent à leurs hôtes des sécrétions sucrées particulièrement appréciées par la colonie. Dés le début du mois de juin, elles se transforment en chrysalide juste devant l’entrée du tunnel. Deux semaines plus tard, les papillons adultes peuvent s’envoler sans difficultés. Ce système de symbiose a longtemps intéressé les chercheurs. Chacune des trois espèces de Maculinea repose sur une plante et une espèce de fourmi particulière.
Avec une herbe trop haute ou trop basse, les colonies de fourmis ne pouvaient plus survivre, expliquent les chercheurs, qui publient leurs travaux cette semaine dans la revue Science. Elles ont fuit le milieu trop froid et trop humide, abandonnant les chenilles tombées à leur sort.

Réhabiliter tout un écosystème
Pour sauvegarder l’azurée, le réintroduire les papillons ne suffit pas. Il faut restaurer le milieu humide, indispensable à la plante, et les conditions de vie des fourmis. En Angleterre, suite à cette étude, les chercheurs ont relâché des espèces animales herbivores puis, après un certain temps, des lepidoptères adultes, importés de Suède en 1983. En 2008, les papillons occupaient 30% des espaces naturels qu’ils colonisaient en 1950.
Par ailleurs, restaurer l’habitat de ce papillon et réussir sa réintégration a profité à l’ensemble de la biodiversité locale puisque d’autres espèces d’oiseaux, d’insectes et de papillons ont vu leur population augmenter.
En France, dans le marais de Lavoure, classé réserve naturelle, un protocole très précis a été établi. En identifiant les besoins de chacune des fourmis hôtes des azurés du serpolet, les responsables de la réserve ont établis des séries de fauches particulières permettant au système de retrouver son équilibre. Cet exemple de restauration d’une niche humide devrait être rapidement applicable à d’autres programmes de sauvegarde.

Date de la dépêche : 16 juin 2009

Auteur : Marie Gombeaud

Source : Sciences-et-Avenir.com

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