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Nouvelle charge des Prs Even et Debré sur le médicament : comment réagir face aux patients

C’est à un nouvel assaut sans concession du système du médicament français que se livrent les Prs Philippe Even et Bernard Debré. Après un rapport déjà très critique, en mars 2011, plaidant pour une refonte complète du système du médicament, ils s’en prennent aujourd’hui à la pharmacopée sur le marché, dans leur « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » (Le Cherche-Midi). Une nouvelle offensive qui n'épargne une nouvelle fois personne et risque d'inquiéter les patients. Que leur dire alors ? Réponse en particulier de Claude Leicher, président de MG-France.

Cette charge sévère a fait la « une » du Nouvel Observateur le 12 septembre... le jour même de la publication des comptes de la Sécurité sociale - un pur hasard ? Beaucoup déplorent la précipitation de l’offensive, menée sur près de 900 pages, et son caractère excessif, même si, observe un fin connaisseur de l’organisation du circuit du médicament, « il faut toujours des francs-tireurs. Dans leurs excès, ils empêchent le système de ronronner ».

Selon les deux médecins, la moitié des médicaments commercialisés sont inefficaces et 5% sont « potentiellement très dangereux ». Ils pointent les dépenses pléthoriques de médicaments, qu’ils évaluent à 36 milliards d’euros par an – dont au moins le tiers serait injustifié. Dans une interview au Parisien, Philippe Even estime que le déremboursement des médicaments inutiles ferait économiser 10 milliards d’euros annuels à la société. Une analyse chiffrée que le Pr Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste, estime pour sa part incomplète, car ne tenant pas compte de l’ensemble du contexte macro-économique.

Le Pr Even en appelle donc à « un grand ménage dans les pharmacies» « Faire le ménage dans les médicaments, très bien ! Mais il faudrait aussi nettoyer l’expertise, polluée par les conflits d’intérêts, s’impatiente le Dr Claude Leicher, président du syndicat MG France. On hésite encore trop longtemps avant de retirer des médicaments inutiles et/ou dangereux, avec pour victimes collatérales les patients et les prescripteurs, sans compter les dégâts économiques ! ». Sur ce point tout au moins, le Dr Leicher rejoint nos deux auteurs...

Nul n’est épargné

Les coupables de cette inconséquence, les responsables de cette gabegie ? Nul n’est épargné, selon les Prs Even et Debré. Les agences sanitaires, accusées d’être « au service des industriels » dans l’évaluation des médicaments. Les experts de ces agences, dont plus des trois quarts ont signé de multiples contrats avec les industriels. L’industrie pharmaceutique, qui se soucierait avant tout de ses intérêts financiers. La presse médicale, « simple appendice de l’industrie ». Les patients eux-mêmes, qualifiés de « malades imaginaires [qui] achètent ces molécules au caddy, carte Vitale en mains ». Sans oublier les médecins, auxquels les Prs Even et Debré rappellent – merci pour la leçon : « il est démagogique, il n’est ni utile ni juste de prescrire des médicaments inefficaces et quelquefois dangereux », ceux-ci étant parfois prescrits « hors de propos ou hors indication. »

L’exaspération du Dr Leicher est manifeste : « les médecins généralistes en ont marre, ils sont au bout du rouleau ! La santé devient un cirque permanent », déplore-t-il. Regrettant le « côté opportuniste et médiatique très désagréable » de cette démarche, il lui concède toutefois « un côté positif. Elle nous permettra de dire à nos patients : "il ne faut pas banaliser le médicament, mais un grand nombre de gens vivent bien grâce aux traitements qu’ils reçoivent." »

Interrogée le 14 septembre sur Europe 1 à propos de cet ouvrage, la ministre de la Santé Marisol Touraine a répondu: « je ne crois pas qu’on puisse régler des problèmes aussi importants par des livres médiatiques. On ne peut pas comparer l’ensemble des médicaments au Mediator. » Selon la ministre, cela reviendrait à « faire injure à l’ensemble de l’industrie pharmaceutique et à inquiéter pour rien les Français qui n’ont pas des médicaments de ce type dans leur pharmacie. » 

Le LEEM, de son côté, déplore : « Plutôt que d’ouvrir un débat contradictoire avec l’ensemble des parties prenantes, [une telle publication] contribue à alarmer inutilement les malades et risque de les conduire à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant adaptés aux maladies dont ils souffrent. »

Une confiance préservée envers le médecin traitant
« Les patients se défient des agences sanitaires et des médicaments, mais ils font encore confiance à leur médecin traitant », témoigne le Dr Leicher. « Nous avons cette responsabilité et nous l’assumons. Ce livre va certes un peu nous compliquer la vie, nous allons devoir argumenter, mais il va aussi nous la faciliter pour inciter nos patients à arrêter des médicaments inutiles et/ou dangereux, en faveur d’autres prises en charge»

Philippe Even et Bernard Debré reconnaissent les efforts accomplis depuis un an par l’ex-Afssaps, devenue « l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé » (ANSM). Sur Europe 1, Marisol Touraine a engagé l’ANSM à poursuivre ces efforts en faisant « des propositions », « d’une façon rapide et transparente », pour améliorer l’évaluation des médicaments. Elle a également souhaité « que l’on aille vers une moindre consommation de médicaments et que l’on se recentre vers les médicaments effectivement utiles ». 

In fine, la grande question que pose ce nouveau brûlot n’est-elle pas, pour les médecins, celle de leur formation sur les médicaments ? Nous devons « faire en sorte qu’il y ait une formation sur les qualités des médicaments qui ne soit pas celle de l’industrie pharmaceutique », a affirmé la ministre de la Santé. Ou comment rebondir sur le grand défi du DPC et sur la place – encore congrue – des médicaments dans le cursus médical...

Date de la dépêche : 21 septembre 2012

Auteur : Florence ROSIER

Source : impact-sante.fr

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