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Le plaisir sur ordonnance ?

Sciences et Avenir consacre un dossier au « plaisir sur ordonnance », notant qu’« un médicament qui stimule la libido féminine pourrait être sur le marché dès cette année ».
Une « révolution [qui] suscite déjà la polémique », observe le magazine.
Le mensuel constate ainsi que « la flibansérine, du laboratoire Boehringer Ingelheim, pourrait bien s'inscrire dans l'histoire de la pharmacopée comme le premier stimulant du désir sexuel féminin ».
« Des tests sont menés actuellement sur 5 000 femmes aux Etats-Unis, en Europe et au Canada. Si les résultats annoncés pour le courant de l'année sont satisfaisants, la mise sur le marché pourrait survenir dans la foulée », poursuit Sciences et Avenir.
Le magazine ajoute que « pas moins d'une dizaine de molécules sont en expérimentation en Europe ou aux Etats-Unis » pour traiter cette « nouvelle pathologie baptisée «hypoactive sexual desire disorder» - trouble du désir sexuel hypoactif », et parle de « quête de la poule aux oeufs d'or ».
Le mensuel remarque toutefois qu’en matière de désir, « la «normalité» relève de la subjectivité », et relève que « ce stimulateur de libido a bien failli connaître un tout autre destin. Boehringer l'a d'abord testé au cours des années 1990 contre la dépression ».
« Une clarification s'impose », estime Sciences et Avenir, qui craint les « mauvaises surprises ».
Le magazine se penche sur l'entreprise américaine Palatin Technologies, qui « attendait des miracles de la brémélanotide, une molécule reproduisant l'action de la mélanocortine, hormone impliquée, notamment, dans le désir sexuel. […] Hélas ! les effets secondaires cardio-vasculaires - hypertension principalement - observés ont anéanti les espoirs de Palatin Technologies ».
Sciences et Avenir note en outre qu’« une question lancinante s'impose, divisant la communauté médicale : les problèmes sexuels féminins relèvent-ils vraiment d'une approche pharmacologique ? ».
Le mensuel livre notamment les propos du Dr Michèle Pujos-Gautraud, sexologue à Saint-Emilion (Gironde), qui déclare que « les causes des problèmes sexuels sont multiples, très souvent dus à des difficultés de communication, des mésententes, ou encore une ignorance du fonctionnement de son propre corps ou de celui de son partenaire.
Le magazine souligne que « dans la plupart des cas, cela se règle avec des thérapies personnelles ou de couple. Pourtant, cette praticienne verrait plutôt d'un bon oeil l'arrivée de molécules stimulant le désir. Ne serait-ce que pour débloquer une situation ».
Sciences et Avenir livre par ailleurs une interview de Boris Cyrulnik, qui remarque que « le désir est autant biologique que psychologique ».
Le mensuel observe enfin que « dans leur quête de molécules capables de générer d'énormes profits, les industriels de la pharmacie iraient parfois jusqu'à inventer des pseudo-maladies ».

Sciences et Avenir, numéro 744, le 30 janvier 2009

Date de la dépêche : 30 janvier 2009

Auteur : Laurent Frichet - TSAVO PRESSE

Source : www.sf-neuro.org/Sciences et Avenir, numéro 744

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