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Le patch et l'anneau contraceptifs associés à une hausse du risque de thrombose

Copenhague, Danemark - Les femmes qui utilisent le patch transdermique à la norelgestromine ou l'anneau vaginal à l'étonorgestrel pour leur contraception ont un risque de survenue de thrombose veineuse 7,9 et 6,5 fois supérieur aux femmes qui n'utilisent pas de contraception hormonale et un risque double par rapport aux utilisatrices de pilules de 2ème génération, d'après une grande étude de cohorte danoise publiée dans l'édition du 10 mai du British Medical Journal [1]. Mais l’implant progestatif et le stérilet imprégné ont un effet quasi neutre.

En outre, la nouvelle étude montre que l'implant contraceptif est associé à une faible augmentation du risque thromboembolique alors que les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel (DIU-LNG) semblent conférer un léger effet protecteur, par rapport aux femmes qui n'utilisent pas de contraception hormonale.

L'année dernière, une étude de la même équipe, a montré que les pilules contenant du désogestrel, du gestodène ou de la drospirénone (progestatifs de 3ème et 4ème génération), doublaient le risque de thrombose veineuse comparées à celles à base de lévonorgestrel (2ème génération) [2]. Quelques jours plus tard, une étude de la Food and Drug Administration (FDA) a indiqué que les pilules à la drospirénone, le patch et l'anneau étaient associés à des risques relatifs de thrombose veineuse de 1,7, 1,5 et 1,6, respectivement, par rapport aux pilules faiblement dosées plus anciennes [3].

Dans cette nouvelle étude de cohorte, le Dr Øjvind Lidegaard (Service de gynécologie obstétrique, Université de Copenhague, Danemark) et coll. ont suivi 1 626 158 femmes, âgées de 15-49 ans, entre 2001 et 2010, à partir de 4 registres nationaux danois, et ont examiné le risque thromboembolique en fonction de la méthode contraceptive hormonale utilisée (implant, patch, DIU-LNG et pilule).

Les femmes qui avaient des antécédents de maladie thromboembolique ou de cancer ont été exclues de l'étude, tout comme les femmes qui avaient eu recours à une stimulation ovarienne pour des troubles de la fertilité.

Les accidents thromboemboliques ont été confirmés par la prescription d'anticoagulants pendant au moins 4 semaines après le diagnostic.

Le patch et l'anneau associés à une forte hausse du risque thromboembolique

Sur l'ensemble du suivi, 3434 accidents thromboemboliques veineux ont été confirmés.

Chez les non-utilisatrices d'une contraception hormonale, le taux d'événements était de 2,1 pour 10 000 années-femmes (2,1 accidents thromboemboliques veineux chez 1000 femmes suivies sur 10 ans).

Après ajustement pour les facteurs confondants (sauf IMC), le risque thromboembolique associé au patch contraceptif était 7,9 fois supérieur à celui des femmes n'utilisant pas de contraception hormonale (IC 95%, 3,5 à 17,7) et, le risque thromboembolique associé à l'anneau vaginal était 6,5 fois plus élevé (IC 95%, 4,7 à 8,9). Les incidences correspondantes étaient de 9,7 et de 7,8 événements pour 10 000 années-femmes.

En parallèle, les risques relatifs de thromboses veineuses associés à l'utilisation de l'implant et des DIU-LNG étaient respectivement d'1,4 (IC 95%, 0,6 à 3,4) et de 0,6 (IC 95%, 0,4 à 0,8).

Concernant les DIU au lévonorgestrel, d'autres études ont montré qu'ils étaient associés à un faible risque de thrombose veineuse. «  Dans cette étude, le dispositif intra-utérin faisait même baisser le risque de thrombose veineuse, ce qui suggère que l'impact des contraceptifs progestatifs seuls sur le risque de thrombose veineuse pourrait dépendre de la dose », ont précisé les auteurs.

Doublement du risque par rapport aux utilisatrices de pilules de 2ème génération

Comparées aux utilisatrices de pilules oestroprogestatives au lévonorgestrel, les utilisatrices du patch transdermique et de l'anneau avaient des risques relatifs de thromboses veineuses de respectivement de 2,3 (1,0 à 5,2) et de 1,9 (1,3 à 2,7). En revanche, les utilisatrices de l'implant ou d'un DIU au lévonorgestrel avaient des risques relatifs de thrombose veineuse de respectivement de 0,4 (0,2 to 1,1) et de 0,2 (0,1 to 0,3).

D'après l'article du BMJ, les données confirment les résultats de quelques études qui ont suggéré un risque thromboembolique accru avec le patch transdermique et ceux d'une étude récente qui a montré que le risque thromboembolique augmentait de 48% avec l'anneau vaginal par rapport à une contraception orale au lévonorgestrel [4].

« L'anneau vaginal est associé à un risque de thrombose veineuse de 90% supérieur à la contraception orale oestroprogestative au lévonorgestrel, ce qui porte le risque au même niveau que celui observé avec les pilules contenant des progestatifs de troisième et de quatrième génération, et ce qui est compatible avec ce qu'a observé la FDA », ont commenté les auteurs.

Un risque qui ne diminue pas avec le temps

Les chercheurs ont pu constater que le risque relatif de thrombose veineuse chez les femmes recevant une contraception orale diminuait dans le temps. En revanche, ce phénomène n'a pas été observé chez les utilisatrices du patch ou de l'anneau vaginal, ce qui confirme les données récentes de la FDA.

Un problème de puissance statistique ? Possible, mais, les auteurs avancent une autre hypothèse : l'administration « non-orale » n'aurait pas le même impact sur la coagulation et le fonctionnement hépatique que la contraception orale.

Pour conclure, les auteurs ont calculé que « 2000 femmes utilisant l'anneau vaginal et 1250 utilisatrices du patch transdermique devraient changer leur contraception pour une pilule oestroprogestative au lévonorgestrel pour éviter un événement thromboembolique en une année. Il est donc conseillé aux femmes d'utiliser une contraception orale oestroprogestative au lévonorgestrel ou au nogestimate plutôt que le timbre transdermique ou l'anneau vaginal.»

 

Références
  1. Lidegaard O, Nielsen LH et coll. Venous thrombosis in users of non-oral hormonal contraception: follow-up study, Denmark 2001-10. BMJ. 2012 May 10;344:e2990. doi: 10.1136/bmj.e2990.
  2. Øjvind Lidegaard, Lars Hougaard Nielsen et coll. Risk of venous thromboembolism from use of oral contraceptives containing different progestogens and oestrogen doses: Danish cohort study, 2001-9. BMJ. Published online October 25, 2011.
  3. FDA final report. Combined Hormonal Contraceptives (CHCs) and the Risk of Cardiovascular Disease Endpoints. 26 octoreb 2011.
  4. Food and Drug Administration, Office of surveillance and epidemiology. Combined hormonal contraceptives (CHCs) and the risk of cardiovascular disease endpoints. FDA, 2011. www.fda.gov/downloads/Drugs/DrugSafety/UCM277384.pdf.

Date de la dépêche : 17 mai 2012

Auteur : Aude Lecrubier

Source : medscape.fr

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