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Comment les aires cérébrales interagissent à distance lorsque nous lisons

Dans le cerveau d’une personne occupée à lire, plusieurs aires cérébrales interagissent à distance pour accéder au sens du texte. Comment ? En synchronisant les fluctuations de l’activité électrique haute fréquence (« activité gamma ») produite par les neurones durant l’analyse de chaque phrase, montre une équipe française.

Lire une phrase mobilise de nombreux neurones dans des aires cérébrales éloignées les unes des autres. Comment ces différents neurones coopèrent-ils pour déchiffrer les mots, leur donner un sens et comprendre la phrase ? Leur dialogue à distance vient d’être décrypté par des chercheurs français, dans une étude publiée dans la revue The Journal of Neuroscience

Des équipes de l’Inserm (Centre de Recherche en Neurosciences à Lyon), du Collège de France et du C.H.U de Grenoble, respectivement dirigées par Jean-Philippe Lachaux, Alain Berthoz et Philippe Kahane, ont mesuré directement l'activité électrique produite par les neurones dans le cerveau de personnes occupées à lire.

Résultats : lorsque les aires cérébrales de la lecture interagissent, notamment pour accéder au sens du texte, les composantes rapides de l'activité neuronale mesurée dans ces aires oscillent de façon synchrone.

L’équipe lyonnaise avait déjà montré que ces composantes rapides, ou « activité gamma » des neurones, sont d'excellents « biomarqueurs » du traitement de l'information dans le cortex. Elles n'apparaissent au sein d'une population neuronale, en effet, que lorsque celle-ci participe à l'activité cognitive du moment.

Cette nouvelle étude montre que lorsque deux régions cérébrales communiquent pour traiter conjointement une information, l'activité gamma que l'on y mesure varie de façon synchrone dans le temps.

Plus largement, il est probable que ce type de dialogue à distance entre différentes aires cérébrales se produit lors d’états cognitifs très divers. Ces recherches devraient livrer aussi des clefs pour comprendre les déficits cognitifs associés à de nombreuses pathologies neurologiques, comme l'épilepsie.

Date de la dépêche : 18 mai 2012

Auteur : Florence ROSIER

Source : impact-sante.fr

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