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Vitamine D : l'Académie de médecine recommande d'augmenter les doses

Paris, France - La vitamine D n'en finit plus de faire la preuve de ses bénéfices extra-osseux alors que, dans le même temps, les études épidémiologiques montrent son déficit dans la population, notamment française.

L'Académie de médecine s'est penchée sur la question et vient de publier un rapport où elle s'intéresse aux modes de détermination du statut vitaminique et fait le point sur les actions favorables de la vitamine D dans d'autres affections que l'os et les mécanismes phospho-calciques. Enfin, elle a établi de nouvelles recommandations concernant les apports quotidiens en vitamine D, allant dans le sens d'une augmentation non négligeable [1].

Des insuffisances chez 80 % de la population

Au total, 80,1% des adultes ont présenté une insuffisance en vitamine D, 42,5% un déficit modéré à sévère, et 4,8% un déficit sévère. C'est ce que révélait une étude française parue au printemps dernier dans le BEH.

L'Académie de médecine voit à cette déficience, retrouvée dans de nombreuses populations, différentes explications parmi lesquelles :

  • l'absence de supplémentation systématique ;
  • la diminution de l'activité physique en plein air ;
  • le port d'habits couvrants (associé à des déficits profonds) ;
  • les crèmes solaires qui empêchent toute synthèse de la vitamine D3.
Plutôt une pré-hormone qu'une vitamine

Qu'il s'agisse de la forme D2 d'origine humaine ou animale ou de la forme D3, d'origine végétale, le terme « vitamine » est particulièrement inapproprié quand on considère qu'il désigne un produit « vital » que l'organisme ne peut pas produire.

En effet, bien qu'il existe quelques rares sources alimentaires de vitamine D3 (principalement les poissons gras marins) et que des suppléments sous forme de vitamine D3 ou de vitamine D2 soient disponibles, la peau, à partir du 7-dehydrocholestérol, peut synthétiser de la vitamine D3 sous l'action des rayonnements UVB. Cependant, ces UVB ne sont présents en France que 6 mois environ (entre avril et octobre à Paris par exemple), la synthèse cutanée de vitamine D3 est donc possible mais de façon intermittente. De plus, vivre dans une région ensoleillée ne suffit pas à obtenir une production optimale de vitamine D. Enfin, la vitamine D (D2 ou D3) doit ensuite être transformée dans le foie, puis dans les reins pour devenir pleinement active en se liant à un récepteur présent dans des tissus cibles qu'elle atteint via la circulation sanguine.

« Elle peut donc être considérée plutôt comme une « pré-prohormone» que comme une vitamine » concluent les experts.

Des effets « non classiques », qui, chez l'homme, restent à démontrer

Au-delà de son effet incontestable sur la minéralisation osseuse - par exemple, chez le sujet âgé, vitamine D et calcium doivent être systématiquement associés au traitement de l'ostéoporose, notamment par les bisphosphonates -, il est apparu ces dernières années que la vitamine D a aussi des effets « non classiques » sur le muscle, le système immunitaire, le rein et l'appareil cardiovasculaire notamment. Néanmoins, nombre de ces constatations s'appuient sur des études in vitro et sur l'animal. « Pour évaluer les effets potentiellement bénéfiques de la vitamine D, il faudra attendre les résultats d'études prospectives randomisées encore insuffisantes » indiquent néanmoins les auteurs.

Sur le plan cardiovasculaire, par exemple, des corrélations négatives entre les taux plasmatiques de 25 hydroxy-vitamine D, les risques d'hypertension, d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral ont été mises en évidence.

« Toutefois il n'y a pas d'étude contrôlée randomisée, prospective, prenant en compte comme objectif principal le risque coronarien ou cardiovasculaire » modèrent les auteurs qui ajoutent au terme de leur revue de la littérature dans ce domaine : « Finalement, bien qu'un apport supplémentaire en vitamine D semble prometteur dans la prévention de maladies cardiovasculaires et d'autres maladies chroniques, les études réalisées, évaluant les avantages et les risques de cette vitamine, ne permettent pas de conclure. L'enthousiasme et l'intérêt pour une alimentation enrichie en vitamine D doivent être tempérés par les résultats décevants publiés avec les divers essais concernant la vitamine E et d'autres antioxydants. Pour évaluer les effets cardiaques potentiellement bénéfiques de la vitamine D, il faut attendre les résultats d'études.

Vers des apports doublés voir quadruplés

L'étude de l'InVS montrant une déficience en vitamine D chez 80 % de la population française conduisait ses auteurs à préconiser des actions ciblées en France à l'instar de celles mises en place dans certains pays. Ils prenaient l'exemple de l'Australie, où les recommandations d'exposition au soleil sont déclinées selon la latitude, la saison et d'autres facteurs de risque.

« De telles actions d'information ciblées seraient probablement nécessaires en France », commentaient-ils alors.

On n'en est pas encore là dans l'hexagone, mais les réflexions concernant cette vitamine qui n'en est pas vraiment une, évoluent. En conclusion de son rapport, l'Académie de médecine préconise en effet « qu'il soit porté une plus grande attention au statut vitaminique D de la population en France » et que « des études épidémiologiques soient entreprises en France afin de connaître l'état du statut vitaminique D dans la population française selon les régions, l'âge, le sexe et la saison, ce qui permettrait d'émettre des recommandations adaptées ».

Fait nouveau : l'Académie recommande une augmentation des apports quotidiens, soit un doublement voire un quadruplement dans certaines populations, en particulier les plus âgées, passant par exemple des 400 à 600 UI recommandées par l'Afssaps actuellement chez les plus de 70 ans à plus de 1500 UI.

Cet apport peut être constitué par des doses journalières ou des doses cumulées mensuelles ou bimensuelles.

Enfin, précision importante des experts, le déficit doit être corrigé uniquement par voie orale et non par un allongement de l'exposition au soleil, comme le rappelaient récemment les dermatologues américains ou en ayant recours aux cabines de bronzage.

Vitamine D : quelle mesure, quel taux ?

Le statut vitaminique D d'un individu est défini par la mesure de la 25(OH)D sérique, en accord avec l'ensemble de la communauté scientifique internationale.

Le taux de 25OHD sérique doit être supérieur à 75 nmol/L (ou 30 ng/ml) pour admettre un statut vitaminique normal et ne pas dépasser 200nmol/L, selon la majorité des auteurs.

 

Référence
  1. Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D. Rapport, conclusions et recommandations. Académie nationale de médecine. Juin 2012.

Date de la dépêche : 28 septembre 2012

Auteur : Stéphanie LAVAUD

Source : medscape.fr

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