La vitamine D serait la prochaine vedette de la pharmacie
Les plus convaincantes concernent des cancers de l'appareil digestif et
du côlon ainsi que certaines leucémies, rapporte le Dr John White,
généticien moléculaire à l'Université McGill, leader dans la recherche
sur ce nutriment. Un lien a aussi été établi avec des maladies
auto-immunes, comme le diabète de type 1 et la
sclérose en plaques. En
2008, une vaste étude américaine a conclu que de faibles niveaux
sanguins de vitamine D prédisposaient aux maladies
cardiovasculaires. L'équipe du Dr White a pour sa part établi que de
tels déficits pourraient contribuer à la maladie de Crohn,
maladie inflammatoire des intestins plus fréquente dans l'hémisphère
Nord. Le cas de la tuberculose est intéressant. Jusqu'à
l'adoption massive des antibiotiques, dans les années 50, les médecins
prescrivaient aux malades, rassemblés dans les sanatoriums, de prendre
l'air et du soleil. Les recherches récentes tendent à démontrer que
c'est la production de vitamine D qui facilitait la guérison. « On
faisait la bonne chose sans savoir pourquoi », note le Dr White. Plusieurs
de ces pistes doivent maintenant être confirmées par des études
cliniques en bonne et due forme, donc longues et coûteuses. Voilà
pour les nouvelles encourageantes. Le hic, maintenant, c'est que
plusieurs Canadiens ne consomment pas suffisamment de vitamine D pour
bénéficier de ses effets protecteurs, du moins pendant les longs mois
d'hiver. Etablis par l'Institute of Medecine of the National
Academies, un organisme non gouvernemental basé à Washington, les seuils
préconisés par Santé Canada sont de 200 UI (pour unités
internationales, la mesure dans l'industrie des vitamines) par adulte
par jour, soit l'équivalent de deux verres de lait. Pour les 50 ans et
plus, la recommandation double. Selon les données nationales sur
le statut en vitamine D publiées en juillet par Statistique Canada, les
premières à être colligées en 35 ans!, environ la moitié des Canadiens
ratent la cible. Et encore, Santé Canada défend des seuils figurant
parmi les plus bas au monde. Ceux-ci sont cependant en révision. De
nouvelles lignes directrices sont attendues en 2010. M. White
témoigne que les experts internationaux sont « unanimes » à déplorer les
recommandations conservatrices des autorités sanitaires. Dans les pays
scandinaves, cela fait des années que la vitamine D se consomme par
milliers d'unités pendant la moitié sombre de l'année. Même la Société
canadienne du cancer recommande un supplément de 1000 UI par jour en
automne et en hiver. Le problème, c'est que ces mêmes experts
internationaux ne s'entendent pas sur la consommation optimale. Celle-ci
varie selon l'exposition au soleil, le régime alimentaire et même le
poids. Jacques Goulet, professeur au Département des sciences des
aliments et de nutrition à l'Université Laval, croit que cela pourrait
être une bonne idée d'augmenter les quantités de vitamine D ajoutées
dans le lait de consommation, qui en
contient 400 UI par litre. « C'est toujours mieux de mettre des
suppléments dans l'alimentation car on est certain que les gens
n'oublient pas de les prendre. Mais en même temps, il y a de plus en
plus de gens qui ne boivent pas de lait », souligne-t-il. Hope
Weiler, professeure associée en nutrition à McGill, préconise plutôt une
alimentation diversifiée avec du lait en quantité suffisante, ce qui
est déjà un défi pour plusieurs, et des poissons gras au moins une fois
par semaine, idéalement deux. « Si on s'alimente correctement, on a
aussi l'avantage d'aller chercher plein d'autres choses qui sont bonnes
pour nous », fait-elle remarquer. Pour ceux qui en voudraient plus,
surtout les plus de 50 ans, Mme Weiler recommande les multivitamines
avant les suppléments. L'engouement n'en est pas moins réel pour
la vitamine D en comprimés. Selon une étude du Nutrition Business
Journal citée par le New York Times, les ventes de
suppléments sont passées de 40 millions $ en 2001 à 235 millions $ en
2008 aux États-Unis seulement, soit 600 %! Bien sûr, il ne faut
pas oublier le bon vieux soleil. Il faut à peine 10 à 15 minutes
d'exposition du visage et des bras, sans crème solaire, pour faire
provision de quelques milliers d'unités pendant la belle saison.
L'hiver, inutile d'insister car les rayons UVB, qui permettent de
synthétiser la vitamine D, ne passent pas.
Date de la dépêche : 07 février 2010
Auteur : Nouvelles de © La Presse Canadienne, 2010.
Source : PasseportSanté.net