Des aimants contre la dépression
Le Dr Andrei Radtchenko, psychiatre parisien, « un des rares
praticiens en France à pratiquer la rTMS en libéral », explique que
« c’est une méthode de modulation de l’activité neuronale. Le
principe est d’utiliser une région superficielle du cortex cérébral
comme moyen d’action sur des structures cérébrales plus profondes, comme
le système limbique, impliquées dans la dépression ».
Sandrine Cabut note que la technique, « encore en évaluation en
France », « est en pleine explosion. Entre 2003 et 2008, pas moins de 4
000 articles scientifiques lui ont été consacrés dans la littérature
internationale. […] Des essais cliniques sont en cours dans de multiples
pathologies. Dans la dépression, […] la rTMS est proposée en cas de
résistance aux antidépresseurs ».
« Des effets favorables plus ou moins marqués sont constatés dans 30 à
50% des cas », continue la journaliste, qui note que « le taux
de rémission complète est de l’ordre de 15%, selon une récente étude
américaine incluant 200 malades ».
« Un résultat à première vue modeste, mais 3 fois supérieur à la bobine
placebo, et loin d’être négligeable pour des patients résistants aux
antidépresseurs et dont la souffrance est intense », poursuit
Sandrine Cabut.
La journaliste précise que côté effets indésirables, « ils sont le
plus souvent minimes : sensations désagréables dues à des contractions
musculaires, maux de tête. Principale contrainte : des séances
quotidiennes pendant plusieurs semaines, qui s'espacent progressivement
ensuite ».
Sandrine Cabut relève enfin que « malgré le coût élevé de
l'appareil de stimulation (40.000 à 60.000 €) et l'absence de
recommandations officielles, de plus en plus d'hôpitaux s'équipent. En
2008, on dénombrait une quinzaine de centres, il y en a aujourd'hui 25
», selon Dr David Szekely, psychiatre au CHU de Grenoble.