le journal de la santé naturelle et globale

inscription
à la Newsletter...

La richesse consiste bien plus dans l’usage qu’on en fait que dans la possession.

Aristote

Choisir son temps, c'est l'épargner.

Francis Bacon

La seule chose promise d'avance à l'échec est celle que l'on ne tente pas.

Paul Emile Victor

Je pensais regarder le monde, et c’est le monde qui me regarde.

Saint François d’Assise

Nous sommes dans l’inconcevable, mais avec des repères éblouissants.

René Char

Le bonheur ne se trouve pas dans les choses ou les événements mais dans le regard que l’on porte sur eux.

Faouzi Skali

Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède

Saint-Augustin

On crée pour se compléter.

Henri Delacroix

Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre propre consentement.

Eleonor Roosevelt

La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.

Oscar Wilde

L’amour : un sentiment basé sur la connaissance et l’acceptation des différences

Plus de 80 % des couples ne survivent pas à la lune de miel qui dure de deux à trois ans. Près de 50 % des couples mariés divorcent, dont la moitié au cours des cinq premières années. De 5 % en 1890, ce chiffre est donc passé à 50 % pour les couples mariés depuis 1970, et à 65 % pour ceux qui sont mariés depuis 1990. Et ce taux ne cesse de s’accroître. Les problèmes de communication constituent l’un des principaux motifs de consultation en thérapie de couple. En plus des particularités qui fondent chaque sexe, de nombreuses différences participent de la complémentarité dans le couple. Les méconnaître, c’est être voué à passer à côté de son couple.

Yvon Dallaire, spécialiste des relations homme – femme, travaille depuis 30 ans sur la réalité du couple tel qu’il se vit au quotidien et aide les amants à sortir des images d’Epinal du couple idéal espéré qui mènent souvent au désastre. Si votre couple bat de l’aile, si vous avez multiplié les échecs amoureux, si vous avez le sentiment que votre conjoint(e) s’éloigne, s’il (elle) ne communique pas assez, si vous avez l’impression de vous investir seul(e), bref si vous êtes déçu de l’évolution de votre couple, l’approche du psychologue Yvon Dallaire peut vous éclairer. Elle repose sur deux principes : d’abord nous sommes à 100 % responsables de notre vie et de nos actes. Ensuite, nous possédons tous une intelligence émotionnelle à développer pour nous permettre de tenir compte de nos émotions propres, pour ne pas laisser nos émotions négatives prendre le dessus dans notre relation de couple. À partir de là, tout est possible.


Sortir du scénario passion, fusion, confusion, séparation.

Yvon Dallaire a établi, au fil de son expérience et de ses travaux, des paramètres qu’il a pu valider en de très nombreuses circonstances. En voici quelques-uns : Les couples malheureux croient en la toute-puissance de la communication et chacun est persuadé que le couple le rendra heureux. Ils cherchent à établir des consensus à tout prix. Chacun remet en question la bonne foi et l’amour de l’autre. Ils sont fusionnels et recherchent l’intensité émotionnelle. Chacun cherche à se faire comprendre par l’autre et à rendre l’autre conforme à leurs attentes. Ils entretiennent beaucoup d’illusions sur le couple. Ils veulent souvent recommencer à zéro.

 

 Les couples heureux, eux, préfèrent être heureux plutôt que d’avoir raison. Chacun exprime à l’autre plus de compliments que de reproches. Ils ne cherchent surtout pas à changer leur partenaire. Ils ont appris à désamorcer et à gérer les conflits insolubles. Ils savent que l’amour est l’objectif du couple. Ils étaient des célibataires heureux. Ils s’appuient sur le principe fondateur selon lequel chacun prend la responsabilité de son couple à 100 %. Ces couples ont fait l’objet depuis une dizaine d’années de l’attention particulière de psychologues à la recherche des raisons du bonheur conjugal. Ces chercheurs n’ont pas trouvé de formule magique, mais ont mis en évidence un certain nombre de caractéristiques qui font défaut aux couples malheureux. Ils ont conclu que ce n’est pas la façon dont un couple s’aime, mais la façon dont un couple se dispute qui est le facteur déterminant de la réussite ou non d’un couple.

 

La plus grande illusion sur le couple est que le couple rend heureux.

Quand on comprend que les règles de communication des hommes et des femmes ne sont pas les mêmes, on réalise alors pourquoi il est nécessaire que chacun fasse des efforts, et parfois de très gros efforts, pour apprendre et accepter le mode de communication de l’autre. Par exemple, le cerveau de l’homme est monotâche : il ne parvient pas à parler et réfléchir en même temps. Ce qui ne veut pas dire pour autant que sa femme doive parler à sa place, il déteste cela. Pour attirer l’attention d’un homme au moment de s’adresser à lui, il est bon de le toucher. Ça le ramène ici et maintenant. Pour l’homme, être ou vivre avec une femme est la plus belle preuve d’amour. La femme, elle, a besoin de se l’entendre dire. Contrairement à l’homme, elle parle pour résoudre un problème, s’exprimer et solutionner vont de pair. La femme a besoin d’être regardée, sinon c’est comme si elle n’existait pas. C’est pourquoi, on entend souvent les hommes reprocher aux femmes leurs critiques permanentes et leur insatisfaction (malgré tout ce que les hommes font pour elles !). Et c’est pourquoi on entend souvent les femmes se plaindre du fait que l’homme ne communique pas assez, qu’il est difficile de savoir à quoi il pense et encore plus difficile de savoir ce qu’il ressent.

 

En réalité, c’est l’interprétation des situations qui est cause de malentendu et non la situation elle-même. Prenons le cas d’un retard. Plutôt que d’utiliser le reproche, la tristesse ou la culpabilité, on peut aussi bien dire : j’ai eu le temps de finir mon roman en t’attendant. Cela dit, cela n’enlève rien au fait que le retardataire est à 100 % responsable de son retard. Yvon Dallaire, avec tact, pédagogie et un brin d’humour, se propose d’expliquer aux femmes le mode de fonctionnement d’un homme, les concessions à faire pour en obtenir le maximum, les attentes masculines à respecter, leurs besoins conjugaux fondamentaux et beaucoup d’autres choses qu’il faut savoir afin de le garder à vie, si tel est leur objectif. Il fait de même pour les hommes en leur disant ce qu’il faut savoir, faire et cesser de faire pour être heureux avec une femme.

 

Plutôt que de vous demander ce que votre conjoint peut faire pour améliorer la situation, demandez-vous ce que VOUS pouvez faire.

Pour former un couple qui dure, il faut deux personnes différenciées et autonomes qui se donnent des projets communs en vue d’un épanouissement mutuel. Seuls 15 à 20 % des couples y parviennent.

 

Yvon Dallaire est intarissable sur tous les sujets de préoccupation du couple, organisme vivant qui n’a presque plus de secrets pour lui. Par exemple : les six sources de conflits insolubles, les relations toxiques, les secrets de couples heureux, les mots d’amour (dites : je t’aime), le couple et le stress, les illusions sur la communication, la co-dépendance affective, l’illusion de l’âme sœur, la fonction paternelle, l’infidélité (l’avouer ou pas ?)…

 

L’infidélité n’a pas de prix, elle n’a que des conséquences. Radji Lanrey

Prenons l’infidélité. Il faut savoir que la vie en couple n’est apparue que quand l’être humain s’est sédentarisé, il y a 10 000 ans environ. Depuis trois millions d’années, l’humain avait vécu comme la plupart des animaux, en polygamie, s’accouplant au vu et au su de tous. C’est seulement quand le lien entre relation sexuelle et grossesse fut établi que les humains commencèrent à exiger la fidélité pour préserver la transmission. La fidélité est donc une exigence assez récente dans notre Histoire. Le mariage en tant que tel ne fit son apparition qu’au XVe siècle, et l’amour comme raison de l’union il y a deux siècles à peine. En mai 68 s’opère un bref retournement de situation : la liberté sexuelle est prônée et l’infidélité banalisée. Pourtant une infidélité n’est jamais banale et ses raisons peuvent être expliquées. Surtout, elle a des conséquences incontournables. Yvon Dallaire donne les moyens de la prévenir et nous rassure : on peut y survivre seul ou en couple.

 

Apprendre à vivre avec des désaccords permanents

Transformer les crises conjugales en possibilité de croissance pour chacun est possible. Le couple est un lieu qui permet de découvrir qui nous sommes réellement et qui est réellement la personne que nous voulons aimer. Yvon Dallaire, persuadé que le couple constitue toujours le meilleur style de vie pour se donner la chance d’un bonheur à long terme, se fend en quatre pour nous éclairer sur les voies à suivre pour y parvenir. N’oubliez pas, insiste-il : au début d’une relation, l’amour n’existe pas, parce qu’aimer nécessite de se connaître.

 

Raïssa Blankoff

 

Sur www.coupleheureux.com, vous trouverez notamment un test d’évaluation en 25 questions de votre taux de satisfaction conjugale. Il vous aidera à déterminer vos sources de satisfaction et d’insatisfaction et répondra à vos interrogations.

 

Yvon Dallaire

Psychologue et sexologue québécois, auteur de très nombreux ouvrages, il exerce la thérapie conjugale depuis plus de 30 ans et a aidé des milliers de couples. Il donne des stages et des conférences au Québec et en Europe francophone. Il a créé l’approche psycho-sexuelle appliquée aux couples (APSAC), synthèse de recherches et de théories sur la nouvelle psychologie différentielle des sexes. Pour en savoir davantage : www.yvondallaire.com. dernière publication : Petit cahier d'exercices des couples heureux, Jouvence éditions, 2012, 6,60 euros

 

 

Auteur : interview réalisée par Raïssa Blankoff, journaliste et créatrice du site www.lagrandesante.com

Mentions légales