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Vaccins et vaccinations : ce qu’il vaudrait mieux savoir

Une guerre de religion plutôt qu'un débat scientifique Article rédigé par Marc Girard, mathématicien de formation, devenu médecin, spécialiste de iatrogénie (effets indésirables des traitements médicaux) avec la collaboration de Raïssa Blankoff, naturopathe. C’est un peu comme la poule et l’œuf. On ne sait pas qui a commencé : des anti-vaccinalistes existent depuis que les vaccins existent, et réciproquement… Si, par leur violence et, souvent, par leur simplisme, les arguments échangés entre les deux camps ont plus l’allure d’une guerre de religion que d’un débat scientifique, il n’est pas facile d’écrire l’histoire de cette guerre. Clamant – évidemment sans la moindre preuve sérieuse – qu’aucune intervention médicale « n’a eu autant d’impact sur la réduction de la mortalité et la croissance de la population »1, les pro-vaccins aiment à présenter leurs adversaires comme scientifiquement rétrogrades et franchement sectaires ; réciproquement, les anti-vaccinalistes se plaisent à brouiller les cartes en se définissant parfois comme principalement concernés par les « libertés » (alors que leurs critiques dépassent largement les seuls vaccins obligatoires), tout en promouvant avec foi et ardeur des médecines « alternatives » ou « parallèles » dont le rapport avec l’immunisation ne va pas toujours de soi.

 L'impact de la grippe H1N1

 Aussi traditionnel soit ce conflit, ses lignes allaient significativement bouger en 2009, lors de la fausse alerte autour de la pseudo-pandémie H1N1. L’incompétence des autorités sanitaires, la grossièreté de leur alarmisme, le ridicule de leurs incohérences et, bientôt, le démenti des faits, allaient conduire nombre de personnes – incluant des professionnels de santé naturellement peu portés sur la contestation – à s’interroger pour la première fois sur les enjeux cachés des campagnes vaccinales. De l'autre côté, minés par leur opposition-réflexe concernant les vaccinations en général, les antis allaient passer à côté de problèmes pourtant fort inquiétants au sujet de cette vaccination.

Il serait facile de montrer qu’ils n’ont joué aucun rôle significatif dans le rejet massif de la population à l'égard de cette promotion. Une promotion dont des enquêtes ultérieures (notamment celle menée par le British Medical Journal) allaient montrer qu’elle avait été manigancée de toutes pièces par les fabricants, avec la complicité intéressée de l’Organisation Mondiale de la santé. Pour la première fois, les gens avaient clairement compris qu’au-delà des articles de foi "pour ou contre « LA » vaccination", chaque vaccin était un médicament parmi d’autres, justiciable à ce titre de l’analyse rationnelle normalement requise pour un tel produit : quel bénéfice attendu, quels risques envisageables, quelles preuves d’efficacité, quelles garanties de bonne tolérance, quel coût ?

En éclairant le débat public par les contraintes de ce qu’on appelle classiquement « le technico-réglementaire pharmaceutique » (essais cliniques, modalités d’autorisation de mise sur la marché, de fixation du prix et de décision de remboursement, surveillance après commercialisation, promotion commerciale, indemnisation en cas d’accident…), on était sorti du religieux... Pour la première fois...

S'appuyer sur une grille d’analyse précise et spécialisée, fait toutefois apparaître le risque lié aux potentiels conflits d’intérêts des experts en charge de l’appliquer : pour la première fois, on allait découvrir sans la moindre ambiguïté que les conseils de l’administration sanitaire qui avaient recommandé la vaccination contre le H1N1 comme une urgence de santé publique, étaient tous liés financièrement aux fabricants de cette vaccination… suite

 

Date de la dépêche : 17 août 2015

Auteur : interview réalisée par Raïssa Blankoff, journaliste et créatrice du site www.lagrandesante.com

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