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C'est une folie que de vouloir guérir le corps sans vouloir guérir l'esprit.

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Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur sous forme de destin.

C.G. jung

La pauvreté, c'est le maximum d'effort pour le minimum de résultat. La richesse, c'est le minimum d'effort pour le maximum de résultat

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Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite, C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

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Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur repose sur la réalité.

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De la simplicité, de la simplicité, de la simplicité ! Oui, que vos affaires soient comme deux ou trois, et non cent ou mille.

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D'abord ils vous ignorent, puis ils vous raillent, ensuite ils vous combattent, enfin vous gagnez

Gandhi

Le bonheur ne se trouve pas dans les choses ou les événements mais dans le regard que l’on porte sur eux.

Faouzi Skali

La Nature, pour être commandée, doit être obéie.

Francis Bacon

Les dernières avancées sur le cancer.

Un colloque s’est tenu en France le 29 septembre dernier : l’occasion pour les spécialistes du monde entier de prendre la parole sur les dernières recherches en matière de cancer.

Le Dr Mouysset, fondateur de l’Association Ressource, association de lutte contre le cancer,  a réuni le 29 septembre 2012 et ceci pour la 3ème fois à Aix-en-Provence un colloque ouvert au grand public destiné à promouvoir un autre regard sur le cancer. Entre action et réflexion, des spécialistes français et américains hautement impliqués dans la clinique et dans la recherche innovante ont répondu présents.

Adoré de ses patients pour sa consultation, mais aussi pour son courage et son dévouement dans la création de son lieu de soins unique en France, le centre Ressource, le Dr Mouysset a trouvé l’énergie, grâce à la vigueur de très nombreux bénévoles, d’organiser cette rencontre pour permettre aux malades, à leurs proches, aux médecins et à toutes les personnes dont le métier touche de près ou de loin au cancer, de pouvoir entendre les résultats des dernières recherches dans le domaine de l’Accompagnement Thérapeutique du cancer.

Devant plus d’un millier de personnes et pendant toute une journée, dans un climat chaleureux et attentif, se sont succédés des exposés sur le rôle de la nutrition et du jeûne (Dr Lallement, Dr Ménat), l’importance de l’environnement psychosocial et de la relation d’aide et ses répercussions cliniques (Prof D. Spiegel, Prof B. Andersen), complété par le regard et la perception des psychologues du centre Ressource, l’impact des rythmes biologiques (Dr Rapin), le point sur le rôle controversé des phytooestrogènes de soja dans les cancers hormono-dépendants (Dr Castronovo) ou l’invitation à la prudence lancée par le Pr Joyeux concernant les facteurs de croissance très présents dans les produits laitiers. Avec bien sûr, comme fil conducteur, le credo du Dr Mouysset : l’Accompagnement Thérapeutique n’est pas juste un complément. Il va transformer radicalement l’approche des soins.

« À raconter ses maux souvent on les soulage » Pierre Corneille

Le Dr Mouysset a d'abord rappelé l'objectif de son centre dans lequel différents parcours sont proposés : compréhension des mécanismes du cancer, participation à la démarche thérapeutique, gestion du stress – relaxation, sophrologie, yoga du rire, autohypnose-, nutrition, communication relationnelle avec les médecins, soignants et avec les proches, esthétique, estime de soi – soins du corps, esthétique et image de soi, gestion de la fatigue et pratiques corporelles, hygiène de vie (tabac, alcool, sommeil, environnement et santé…)

 « Quand j’ai su que j’avais un cancer du sein métastasique au foie et aux os, et qu’on m’a dit que le groupe de parole m’aiderait à vivre avec, j’ai crié : je ne veux pas vivre avec, je veux vivre sans, je veux qu’on me l’enlève! Heureusement, finalement j’ai accepté de faire ce pas et aujourd’hui je peux dire que c’est si important de parler sans être jugé ni de se sentir coupable de quoi que ce soit. Accepter de ressentir les émotions, bonnes ou mauvaises. Je réalise maintenant que j’ai eu une chance immense. » Sylvie.

C’est parce que le Dr Mouysset a senti au fond de lui à quel point l’annonce d’un cancer à son patient était un choc aussi dévastateur qu’une déclaration de guerre qu’il a décidé de partir au front pour que les sentiments d’impuissance, de solitude, de culpabilité puissent trouver refuge et par là même participer à ses capacités de guérison et pour que les patients comprennent ce qui se joue dans leur corps, ce qui leur permet de sortir de la passivité. La connaissance des processus motive le patient et l’encourage à persévérer. En tous cas, c’est ce qui ressort de l’expérience du Centre. On sait aujourd’hui que le contexte, le terrain est extrêmement important, ce qui permet d’agir. Et agir, c’est sortir de l’impuissance pour soi et pour les autres.

Le Dr Mouysset a tenu à opérer un rapprochement franco-américain, tentant de faire profiter ses malades de l’expérience que le Prof. David Spiegelde l’Université de Stanford (Californie) a accumulée pendant 30 ans dans le domaine du soutien psycho-social en oncologie, en particulier les résultats positifs, preuves scientifiques à l’appui, des groupes de soutien et d’expression (Psychothérapie de Groupe type Soutien-Expression) dans la régression de la maladie. Il a présenté de nombreuses études qui montrent que parmi les personnes qui bénéficient d’un parcours de soutien,  la mortalité est diminuée de moitié. Les groupes permettent d’apprendre à mieux s’appuyer sur l’entourage familial, à communiquer ouvertement avec le corps médical, à gérer la douleur, à créer des liens, à avancer dans les priorités de vie, à diminuer le stress, grâce à l’autohypnose par exemple. Des liens sont maintenant démontrés entre, par exemple, un taux de cortisol, impliqué dans le stress, et les facteurs de survie, notamment en raison de son action sur le système immunitaire. Une fois conscient de cet effet, le patient peut intervenir, grâce à différents outils, pour faire baisser son stress, et donc son taux de cortisol.

Des précisions issues des dernières recherches ont été apportées par le Dr Mouysset : nous ne sommes pas égaux face aux polluants, certains personnes s’en débarrassent bien, d’autres les stockent. Il a souligné l’importance de l’alimentation biologique pour limiter l’impact des pesticides, le rôle de la détoxication et des prébiotiques et probiotiques (notamment utiles dans la gestion des douleurs abdominales), sans oublier la vigilance quant à la biodisponibilité des biothérapies (vitaminescurcuma, antioxydants…), en plus de la prise en charge allopathique.

Le Dr Barbara Andersen s’est, quant à elle, intéressée aux répercussions psychiques des groupes de soutien sur l’évolution de la maladie par le biais d’une vaste étude présentée au colloque. Les résultats sont parlants : baisse de l’anxiété, soutien familial et amical plus important et plus efficient, meilleure immunité, baisse des effets secondaires des traitements (nausées, vomissements), meilleur suivi du traitement malgré une dose intensité plus importante, amélioration de l’alimentation, augmentation dans l’arrêt du tabac,  diminution dustress. 11 ans plus tard, on constate 45% en moins de récidive. Quant au taux de survie sans récidive à 5 ans, son taux est de de 89% contre 68%. Pour réaliser l’importance de ces résultats : si cette technique était appliquée systématiquement, on peut estimer à 6 000 le nombre de femmes sauvées chaque année en France (car n’ayant pas récidivé avec plus de 10 ans de recul)

Le Dr Jean-Robert Rapin, pharmacologue, a consacré son allocution à ses recherches en chronobiologie. Il attire l’attention sur la toxicité pour l’organisme du fructose et des sucres dits rapides. Il fait part des liens intimes qu’entretiennent stress chronique, cortisol, hyperglycémie, sécrétion d’insuline, production de radicaux libres, cancer et diabète. Il fait l’éloge de la mélatonine, cette substance naturelle qui aide au sommeil et qui revêt une importance majeure dans le repos de l’organisme et donc de son rétablissement (les cellules saines se multiplient la nuit). Trop de cortisol empêche la synthèse de la mélatonine, issue du tryptophane, un acide aminé présent dans certains aliments. Il est important de rétablir un rythme pour que le taux de cortisol soit haut le matin et que la mélatonine puisse prendre le relais en fin de journée. Il insiste sur une bonne santé intestinale sans laquelle l’organisme ne peut synthétiser correctement ce qui lui est utile.

Le Prof. Joyeux  a fait un brillant exposé sur les facteurs de croissance présents dans le lait, sur la base d’une étude qu’il a demandée à l’ANSES. L’allaitement maternel convient parfaitement au petit d’homme alors que le lait de vache n’est pas du tout adapté à l’humain : les facteurs de croissance présents dans le lait de vache et destinés à la croissance du veau (pour fabriquer du muscle, des os, des tendons…mais pas tellement de cerveau)  se retrouvent surexprimés dans le cancer du sein et sont aujourd’hui connus (pas assez connus)  pour favoriser la prolifération des tumeurs. Son dosage est difficile mais les laboratoires spécialisés en dopage pourraient être les plus habilités à faire cette recherche.

Conclusion : les produits laitiers ne sont pas recommandés dans les cas de cancer. Seuls les laits de chèvre et de brebis, moins industrialisés et dont la composition est différente du lait de vache (plus de protéines biologiquement actives, plus d’oméga 3 et un lait provenant d’animaux qui ont une corpulence plus proche de l’homme) peuvent être consommés avec modération.   

Le Dr Lallement, chirurgien à Antibes, est intervenu sur l’accompagnement nutritionnel en chirurgie pré- et postopératoire : il faut veiller à ne pas renutrir la tumeur. En l’absence bien sûr de perte de poids ou carences avérées préexistantes, il préconise une diète tumorale, c’est-à-dire une alimentation sans protéine pendant 1 à 3 semaines avant l’intervention, expliquant comment le travail du chirurgien qu’il est s’en trouve facilité, ainsi qu’une diète calorique relative. Il est recommandé de consommer des fruits et légumes frais et biologiques, de bonnes graisses végétales.

En post opératoire, il s'agit de rattraper le déficit en protéines avec des volailles, produits de la mer et viande en quantité modérée, de qualité et biologique. En chimiothérapie, il souligne l’intérêt déjà maintes fois prouvé du jeûne : moins d’effets secondaires de la chimio, moitié moins de fatigue, diminution notable des diarrhées et vomissements.

Il a également fait un point sur le régime sans polyamines du Pr. Moulinoux : utile sur le court terme et pendant les chimiothérapies, mais non recommandé sur le long terme, car trop paradoxal avec une alimentation idéale pour l’organisme. Il rappelle l’importance des polyphénols et flavonoïdes, présents dans tous les végétaux, mais également sur les précautions à prendre, certains pouvant interagir avec les traitements (par exemple, le curcuma peut être synergique avec certaines chimiothérapies, pas avec d'autres. Il s’intéresse particulièrement à l’impact des métaux lourds, objet de ses prochaines recherches cliniques.

 

Le Dr Carole DI GIORGI a mené une étude sur les capacités de détoxication  de trois plantes après ou entre les traitements anticancéreux, dont la toxicité hématologique, digestive, dermatologique,  impliquant mucite, aménorrhée, oligo azoospermie,fatigue chronique etc… serait réversible à court terme et diminuée à moyen terme. Elle a prouvé que ce cocktail de plantes est capable d’aider à la restauration des fonctions biologiques grâce à leurs agents détoxifiants et permet une protection cellulaire contre des agents chimiques. Il s’agit de Berbéris vulg. (épine vinette), Taraxacum off. (pissenlit), et Arctium lappa (bardane).

Le Dr Eric MENAT,  homéopathe  et nutritionniste à Toulouse, présente une synthèse en matière de nutrition et micronutrition, débutant avec une première mise en garde : « La pire des réponses que vous pouvez faire à un patient cancéreux est : mangez ce que vous voulez ! Ça le déresponsabilise, le rend impuissant, et donc prisonnier de sa maladie. » Il rappelle les conseils  de base : cuisson douce, aliments sains et non transformés, équilibre des graisses végétales, protéines de qualité, toxicité des sucres rapides, effets protecteurs des crucifères et des antioxydants et nécessité de consommer leurs  cofacteurs, vitamine D et apports de la phytothérapie de soutien (desmodium, propolis, viscum album (le gui), gingko biloba)

Le Pr. Vincent Castronovo, a choisi de traiter un sujet controversé sur lesquels de nombreux spécialistes s’interrogent depuis longtemps : les phytooestrogènes de soja sont-ils nos amis ou nos ennemis dans les cancers hormono-dépendants? Jusqu’ici et dans le doute, les médecins préconisaient l’abstention de la consommation du soja pour les personnes atteintes de cancers hormono-dépendants (dont celui de la prostate) de crainte d’ajouter des oestrogènes à un organisme qui en avait déjà trop. Sachant que ces cancers sont rares dans des pays asiatiques à grosse consommation de soja et de produits dérivés, et sachant que ces mêmes populations après avoir migré dans des pays occidentaux rattrapaient très vite les taux de cancer des autochtones, ça valait la peine de se pencher plus sérieusement sur la question et de s’en poser d’autres. Il en a finalement conclu que la consommation du soja en tant qu’antagoniste  réduit le risque de cancers hormono-dépendants grâce, notamment, à la génistéine, proche de l’oestradiol sur un plan chimique, et qui se fixe sur certains récepteurs à oestrogènes. Il existe à ce jour 2313 publications dont aucune ne montre que le soja et les produits dérivés soient susceptibles de stimuler le développement du cancer.

En revanche, bon nombre d’études démontrent leurs effets positifs : réduction de 29% des risques de décès – notez que les chimiothérapies ont un potentiel de cet ordre - allant de 30 à 60% suivant les situations ; effet positif sur tous types de cancers ; 32% de risque de récidive en moins ; action bénéfique sur les effets secondaires des traitements ; leur consommation à partir de la puberté réduit de 60% le risque de cancer du sein. Mais il est impératif d’avoir une bonne flore intestinale pour rendre la génisteine active. En pratique, la consommation de soja – origine biologique- sous forme de lait de soja, tofu ou miso est recommandée au moins 3 fois par semaine

Le vœu de Jean-Loup Mouysset est certainement en train de se réaliser : à l’image du corps humain qui nécessite, pour grandir, des mécanismes en chaîne et solidaires, son projet essaime dans toute la France grâce à une chaîne de bénévoles et de spécialistes passionnés.

 

David Servan-Schreiber aurait apprécié…

 « Qui mieux que vous sait vos besoins. Apprendre à se connaître est le premier des soins ». Jean de la Fontaine

Liste des intervenants du colloque :

 

Henri JOYEUX, Chirurgien Cancérologue, Montpellier/France

Bérangère ARNAL, Gynécologue spécialisée en phytothérapie, Bordeaux/France

Barbara L. ANDERSEN, Psychologie clinique, Université de l’Ohio/USA

Michel LALLEMENT, Chirurgien cancérologue, Antibes/France

David SPIEGEL, Département en Psychiatrie et en sciences du comportement, Université de Stanford/USA

Gérard LEPEU, Onco-hématologue, Vice Président du réseau régional Onco-PACA

Corinne MEDINA, Présidente de l’Association Ressource, Aix-en-Provence/France

Carole DI GIORGIO, Biologiste en mutagénèse Environnementale, Marseille/France

Jacques LE TREUT, Pneumocancérologue, secrétaire du réseau régional Onco PACA

Jean-Loup MOUYSSET, Oncologue médicale, Spécialisé en Bio-Sciences Environnement et Santé, Aix-en-Provence/France

Eric MENAT, Homéopathe Nutritionniste, Toulouse/France

Vincent CASTRONOVO, Docteur en Sciences biomédicales, gynécologue, Liège/Belgique

Laetitia DE WOLF, Psychologue, Aix-en-Provence/France

Michelle ANDRES, Sophrologue, Relaxologue pour enfants, Aix-en-Provence/France

Bruno RICARD, Praticien en psychothérapie Gestalt, Aix-en-Provence/France

Guy JENNA, Psychologue, Aix-en-Provence/France

Guillaume SAGE, Maître Pâtissier Hôtel Le Pigonnet, Aix-en-Provence/France

Jean-Robert RAPIN, Professeur de pharmacologie clinique Responsable D.U de micro-nutrition, Dijon/France

 

Raïssa Blankoff, journaliste

Vivre aujourd’hui, penser demain, ouvrage édité par et au profit de l’association ressource, aide et soutien aux personnes touchées par le cancer et leur entourage.

 

Date de la dépêche : 27 novembre 2012

Source : www.association-ressource.org

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